En effet, les processus expérimentaux sont conçus à partir d'hypothèses de recherches. « science » se retrouvent en effet dans la connotation de « science » en philosophie. Si une théorie scientifique n'est pas produite à partir de la généralisation d'expériences particulières, c'est parce qu'une théorie doit toujours précéder l'expérience pour la déterminer et l'organiser. Cet argument repose sur le constat simple que la science est capable d'agir sur le réel en lançant des fusées, en opérant un cerveau, en produisant des prédictions des phénomènes naturels, etc. 30 citations < 2. des sciences. Dans Manifeste du Cercle de Vienne et autres écrits. Sa valeur est proportionnelle à l'envergure de l'interdiction. Le réalisme scientifique est la thèse selon laquelle les objets dont parle la science, ses concepts, ses entités, existent tels qu'ils sont décrits, sans dépendre de la connaissance que nous en avons. Ses partisans remplacent l'évolution par des récits où une création divine serait la seule explication valable de la vie et de l'univers tel qu'on le connaît. À partir de ces conclusions générales induites d'observations particulières, la science permettrait alors de prédire par déduction de nouvelles observations particulières, telles que « le soleil se lèvera demain ». Toute science se fait en se heurtant à ses propres limites. En repassant la Manche, le mot est devenu plus spécifique puisqu’il correspond grossièrement à la « Philosophie des Sciences », excluant notamment tout ce qui relève de la psychologie ou de la sociologie dans l’acquisition des savoirs. Selon l'antiréalisme, les objets dont parle la science qui ne sont pas directement observables, tels que les gènes, un courant électrique ou un photon, n'existent pas au même sens qu'un arbre, un verre ou une pierre. C’est en cela que la science, comme la philosophie, sont créatrices. Doit-on chauffer une barre métallique dix fois, cent fois, avant de pouvoir conclure qu'elle se dilate toujours quand on la chauffe ? Le problème est alors que certains discours prennent la forme de la science : ils proposent des principes, des causes, mais ne peuvent être qualifiés de scientifiques. Comme si une observation scientifique n'était pas toujours la réponse à une question, précise ou confuse ! Lundi 17 juin 2013 - philosophie. Il semble communément admis que la science a deux finalités : « Sans doute, quand on envisage l'ensemble complet des travaux de tout genre de l'espèce humaine, on doit concevoir l'étude de la nature comme destinée à fournir la véritable base rationnelle de l'action de l'homme sur la nature, (…) [Mais] quels que soient les immenses services rendus à l'industrie par les théories scientifiques, quoique, suivant l'énergique expression de Bacon, la puissance soit nécessairement proportionnée à la connaissance, nous ne devons pas oublier que les sciences ont, avant tout, une destination plus directe et plus élevée, celle de satisfaire au besoin fondamental qu'éprouve notre intelligence de connaître les lois des phénomènes. Les autres énoncés, parmi lesquels ceux que l'on vient de citer, se révèlent complètement dénués de signification quand on les prend au sens où l'entend le métaphysicien. M1 - Philosophie et Sciences de la culture. ), The Philosophical Review (n° 83, 4), octobre 1974. Ainsi, selon cette vision de la méthode expérimentale, toute hypothèse scientifique débuterait par une observation neutre de la réalité, et par le recueil de faits exempts de toute théorie scientifique. Platon fait ici remarquer qu'une opinion, même vraie, se caractérise par l'instabilité. La physique mécanique en est un exemple. On ne pourra jamais connaître directement cet effet vécu. Il faut pouvoir distinguer la science de la pseudoscience. L'énoncé suivant est protocolaire : à 10 h 52, le vendredi 12 octobre, un précipité vert est apparu dans le tube à essai numéro 13. de Sandra Laugier et Pierre Wagner | 2 novembre 2004. Il est donc difficile d'affirmer que la science commence par l'observation et par l'expérience, car l'expérience est toujours déterminée par la théorie qui la nécessite. Mathématique et logiques modernes : l’impossibilité de la science des sciences et la nécessité de la philosophie. »[iii] La métaphysique dogmatique cherchait à remonter aux premiers principes et aux premières causes, dont elle dérivait tout ce qui est. Depuis cette époque, la science et la philosophie n'ont cessé de s'éloigner l'une de l'autre. Concevoir la méthode scientifique comme simplement inductive revient à oublier la place que joue la théorie scientifique dès l'observation et l'expérimentation. L’Europe a été marquée par des conflits retentissants entre ces deux modes de pensée, comme en témoigne la condamnation de Galilée, et l’époque des Lumières a estimé que la religion était une superstition qui disparaîtrait avec les progrès des sciences de la nature. Au XXe siècle, la science a perdu son intelligibilité immédiate. Cet énoncé ne provient pas lui-même de l'expérience. Les scientifiques prêtent rarement attention aux études philosophiques et s'engagent dans leurs recherches. Pour qu'il y ait science, il faut qu'il y ait une volonté individuelle et collective de connaître vraiment le monde tel qu'il est. Non, il vous répondra qu'il mesure la résistance électrique d'une bobine (…) pour pouvoir faire cette interprétation, il ne suffit pas d'avoir l'attention en éveil et l'œil exercé ; il faut connaître les théories admises, il faut savoir les appliquer, il faut être physicien. Quels cursus sont possibles ? Toute observation n'intervient qu'à l'intérieur d'un paradigme qui lui donne sens. L'empirisme logique du cercle de Vienne a affirmé qu'un énoncé scientifique avait comme caractéristique de pouvoir être décomposé en énoncés simples vérifiables par l'expérience. Une bonne hypothèse scientifique ne s'identifie pas par sa décomposition en observations vérifiées par l'expérience. Dans l'examen de la méthode expérimentale, généralisation et expérimentation ne doivent pas être abstraitement distinguées. Il existe en effet une certaine vision de la méthode expérimentale qui consiste à croire que l'expérience apporte des données sans préjugés qui sont seulement ensuite interprétées. Nos conseillers pédagogiques sont là pour t'aider et répondre à tes questions par e-mail ou au téléphone, du lundi au vendredi de 9h à 18h30. Autrement dit, la totalité de ce qui existe, la totalité de ce que l'on vit, perçoit, comprend, est explicable par les propriétés physiques des choses. La science en est un sur lequel nous tenterons d'élaborer sur les points communs et ceux qui diffèrent d'une à l'autre. Cette première indication départage la science d'autres activités qui ont d'autres finalités, telles que légiférer, normer, enjoliver le monde, donner de l'espoir. Thomas Samuel Kuhn a critiqué cette vision simpliste de la science en établissant qu'elle progressait par paradigmes, et qu'on ne pouvait réduire la scientificité à l'analyse des énoncés. La science a commencé comme une partie de la philosophie. La question de la différenciation entre science et discours non scientifiques a été au cœur des débats des philosophes des sciences du XXe siècle. En vertu de cette thèse de l’incommensurabilité des théories scientifiques, la science n’est pas un savoir supérieur en matière de vérité aux autres savoirs comme la magie, la physique aristotélicienne, qui fonctionnent selon d’autres logiques internes incommensurables à la logique scientifique mais qui ont leur pertinence propre. Si la science a comme ambition de connaître le réel, de le décrire et d'agir à partir de cette connaissance, il est important de se demander si cette connaissance et ces descriptions visent le réel lui-même. Certaines théories scientifiques sont invalidées, nuancées, ou considérées fausses. Ainsi, selon l'instrumentalisme, les théories scientifiques ne seraient pas une description directe du réel, mais davantage des créations de modèles qui permettent, comme le fait un instrument de mesure, de prédire et d'agir sur le réel. Il entend rejeter toute la scolastique, enseignement de son époque qui est un mélange de philosophie d’Aristote et de théologie pour exiger une certitude absolue en sciences et en philosophie. Philosophie signifie amour du savoir ou de la sagesse. Elles ont bouleversé notre vie. Il existe toutefois des discours qui prennent la forme de la science, sans en être. La-Philosophie.com en bref. %PDF-1.4 Science, Nouveau vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines, Louis-Marie Morfaux (dir. Or, la science aussi plonge dans le chaos, auquel elle cherche à donner une consistance. 3Avant de prendre la mesure de cet avènement intellectuel sans précédent, précisons les termes de notre sujet. Il n'est pas possible d'instituer une expérience sans une idée préconçue ; instituer une expérience, avons-nous dit, c'est poser une question ; on ne conçoit jamais une question sans l'idée qui sollicite la réponse. Bachelard forme le projet d’une philosophie qui épouse au plus près la pensée scientifique. Pour produire un savoir, et s'approcher de la science, il faut ainsi fonder ce que l'on affirme en explicitant les raisons et les principes. VII − « La philosophie de Claude Bernard ». Philosophie des sciences : Tome 1 : Expériences, théories et méthodes. Les falsificateurs virtuels sont des faits possibles, ou des effets observables qui, s'ils existaient, réfuteraient l'hypothèse scientifique. » paraît donc recevoir une première réponse simple : la science se définit dans sa démarche par le franchissement de ses propres limites qui font obstacle au savoir. Une hypothèse qui résiste à la réfutation est corroborée. C'est la création d'un nouveau paradigme. Lecture 3. Commentaire : La science découvre des relations constantes entre des phénomènes, par exemple que deux corps exercent l'un sur l'autre une attraction qui est fonction de leur masse respective : plus un corps est massif, plus sa force d'attraction est grande. Cependant en franchissant certaines limites la science ne risque-t-elle pas de briser l’intégrité de l’humanité qui sous-t… Thomas Samuel Kuhn identifie quatre éléments fondamentaux des paradigmes scientifiques, qu'il appelle aussi « matrices disciplinaires » : L'idée fondamentale de Thomas Samuel Kuhn est que la scientificité, c'est-à-dire le fait qu'une théorie soit scientifique ou non, dépend d'un cadre contextuel plus large que la seule analyse des théories. Dans l'Antiquité, la philosophie représentait la science suprême, celle « des premiers principes et des premières causes ». Un énoncé scientifique se distingue d'une opinion vraie car il peut être justifié par une explication des causes. Ainsi la science nous force-t-elle à considérer la … Ainsi, la science aurait à la fois une fin en soi, recherchant la connaissance du réel pour la seule connaissance, et serait un moyen en vue d'une action sur le réel. L'argument le plus connu utilisé pour défendre simplement le réalisme scientifique est celui du philosophe américain Hilary Putnam. L'expression « effet que cela fait » provient d'un article célèbre de Thomas Nagel. Pour les théories, l'irréfutable n'est pas (comme on l'imagine souvent) vertu mais défaut. Descartes est le premier à avoir fait de la conscience une notion centrale de la philosophie. En fait, la démarche scientifique représente un effort pour libérer de toute émotion la recherche et la connaissance. ». La chauve-souris perçoit en effet par écho-localisation, c'est-à-dire par un mécanisme de sonar, et il semblerait que toutes les connaissances physiques à propos de ce système ne permettront jamais de ressentir « l'effet que cela fait » de percevoir comme un sonar. « Entrez dans ce laboratoire ; (…) un observateur enfonce dans de petits trous la tige métallique d'une fiche dont la tête est en ébonite ; le fer oscille et, par le miroir qui lui est lié, renvoie sur une règle en celluloïd une bande lumineuse dont l'observateur suit les mouvements ; voilà bien sans doute une expérience ; au moyen du va-et-vient de cette tache lumineuse, ce physicien observe minutieusement les oscillations du morceau de fer. », « Qu'est-ce que la vérité mathématique ? Une opinion courante consiste à affirmer que la science se donnerait pour tâche de constater les faits, de décrire ce qui est. Il est toujours facile de confirmer cette hypothèse par une expérience, mais il n'est possible d'imaginer aucune expérience qui mettrait précisément en difficulté cette hypothèse. Il est courant d’entendre opposer la science et la religion. La recherche des causes permet de stabiliser l'opinion, alors fondée dans les raisons qui la justifient. En effet, s'il est facile d'accepter que les sciences physiques pourront dans le futur donner toutes les informations physiques, chimiques, à propos par exemple de la vision d'une couleur ou du ressenti d'un sentiment, il semble difficile d'admettre que « l'effet que cela fait » d'éprouver un sentiment, ou de voir une couleur, pourra être réductible à des propriétés physiques. M���g�V��Ն��8֣ݶ�?�B�R�����1�D�!2� �����n��m0U��H�̨1C�����SޡW;�Oѫ�m�P����PM��3�/{WS��PM�*�.gg�����[��1f料j#�˂E�}��zĭW�'�
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m��_&�8��_�ɕr�M�ή/,�%��YDК�Ɲ���b�0N8X La science répond à une volonté de savoir "vraiment". Selon les positions philosophiques, l'objet décrit est le réel lui-même, ou une modélisation fictionnelle permettant l'action. La philosophie des sciences est un domaine très vaste (le lecteur intéressé se reportera à l' Introduction à l'épistémologie de Léna Soler pour un tour d'horizon, ou au Précis de philosophie des sciences dirigé par Anouk Barberousse, Denis Bonnay et Mickaël Cozic pour quelques approfondissements) et souvent assez technique (tout ce qui touche à l'inférence bayésienne, par … Un paradigme est un ensemble de présupposés partagés par une communauté scientifique et déterminant ce qui appartient à la science d'une époque ou d'un contexte donné. C'est contre la vision simplifiée et rigide de la science proposée par les empiristes logiques que Thomas Samuel Kuhn affirme la progression de la science par paradigmes et par révolutions scientifiques. Il est toujours facile, pour une hypothèse donnée, d'imaginer des expériences qui lui seront favorables. Toutefois, définir la science par sa vérité ne permet pas de la distinguer d'une opinion vraie. Toute démarche scientifique consiste à vaincre les obstacles qui empêchent de connaître davantage. La science ne progresse pas depuis un recueil neutre des données d'observation pour aller vers des généralisations, des lois, et des théories scientifiques. Considérant ce « succès » de la science, il faudrait alors nécessairement admettre que son objet est bien le réel lui-même, car sinon les explications et applications pratiques de la science ne pourraient tenir qu'aux miracles. La science semble se diviser entre des connaissances fondamentales du réel et des connaissances destinées à l'application. La science décrirait alors le réel lui-même. ». Si la science peut se distinguer de l'opinion par sa recherche des fondements, des raisons et des causes, il existe toutefois des discours qui prennent la forme de la science, et qu'il faut pouvoir distinguer de la science elle-même. La science s'en différencie par sa recherche de justifications, et par la connaissance des causes. Combien d'observations faut-il accumuler pour en obtenir un grand nombre ? 1 Alexandre Koyré (1892-1964) était au départ historien des religions avant de s’orienter vers la philosophie des sciences. Orientations fait le point. La science est une activité de connaissance authentique du monde. Un jour je m'en irai, sans en avoir tout dit (2013) de Pour le sens commun, l'opinion est un jugement qui n'est vrai que pour celui qui l'affirme. D'autre part, les découvertes scientifiques dans des domaines comme la métaphysique, la physique quantique, la théorie de l'évolution, la psychologie expérimentale, la théorie de la relativité, la recherche sur le cerveau, etc. Les « généralisations symboliques », ce sont les lois formelles connues, ou les formules mathématiques, qui appartiennent au paradigme et à la communauté scientifique. On a souvent agité la question de savoir si la philosophie était une science, dans quelle mesure elle en était une, et quels étaient ses rapports avec les autres sciences. On pourrait d'ailleurs noter qu'à l'ère actuelle du big data, où les données collectées n'ont jamais été aussi nombreuses, les remarques de Bergson sont particulièrement précieuses : les données ne peuvent être recueillies qu'à partir de théories préalables qui déterminent quoi recueillir et comment le recueillir. ont de profondes implications pour la recherche et la pensée philosophiques. Rien de plus faux que cette conception du travail de synthèse, rien de plus dangereux pour la science et pour la philosophie. La différence entre la philosophie et la science.